Muette comme une tombe

L’ irruption de la représentation dans la classe

Le théâtre tel que nous le pratiquons dans les classes est un formidable vecteur d’émotions.
L’ effet de surprise suscité par la survenue d’acteurs dans l’ intimité de la classe restera dans les mémoires.
La proximité des acteurs jouant le rôle des élèves, provoque un effet miroir qui frappe les esprits qu’ils soient auteurs, victimes ou témoins de harcèlement.
La situation est surprenante et si elle les fait tout d’abord rire, l’ histoire terrible qui se déroule sous leurs yeux provoque un silence chargé d’émotions.

Retours d’enseignants

Qu’avez-vous pensé de l’intervention de la compagnie PINDIBULUM sur le harcèlement, vous qui avez pu observer une séance ? 

Le jeu des acteurs était chargé d’émotion ; l’explication sur les mécanismes du harcèlement était parfaitement claire. 
Les élèves ont été attentifs du début à la fin. 
Une question reste ouverte : les élèves sauront-ils reconnaître une situation de harcèlement à ses débuts et jouer leur rôle de témoin actif, capable de la dénoncer ? 

4eE : les élèves étaient très attentifs, et à la fin du jeu de scène, l’émotion était palpable. Les remarques, impressions, ont été longues à venir, le temps de digérer ce qui leur a été présenté. Ils ont dit avoir été tout d’abord surpris, ont reconnu avoir ri au début ce qui les a concrètement fait entrer dans le “système” ! 
Des questions ont été posées sur ce qu’encourt un harceleur et un cyberharceleur. 
Les intervenants ont terminé sur les moyens de casser le “système”, preuve que c’est possible et donc rassurant, rassurant pour ceux qui seraient harcelés et ceux qui souhaitent sortir du “système”. 

4eB : ce fut un moment très fort, parfaitement mené. Les élèves se sont laissés emporter par la pièce puis, après un temps, ont su répondre aux questions et parvenir eux-mêmes à de riches conclusions. À refaire ! 

4eD : un moment très apprécié par les élèves. L’effet de surprise était très réussi et cela a contribué à impliquer davantage les élèves dans la pièce. Les acteurs étaient vivants et le scénario a ému beaucoup de jeunes. 
Le temps de discussion était riche et bien mené. 30 minutes supplémentaires auraient pu être bénéfiques pour poursuivre le débat. Les élèves ont eu du mal à se remettre au travail pour le cours suivant. 
Séance bien menée, élèves attentifs, beaucoup d’émotions transmises via le jeu des acteurs, la durée de la saynète (environ 20 min) permet de réellement plonger dans l’histoire. Expérience marquante pour tous qui restera dans les mémoires. 
Afin d’aider à maintenir le souvenir de l’empathie déployée durant la séance, pourquoi ne pas distribuer à chacun une infographie du “triangle du système de harcèlement”? Cela pourrait leur permettre d’actualiser leurs souvenirs et émotions afin de reconnaître leur place dans une situation qui pourrait être du harcèlement (déjà en place ou en devenir). 

4eC : au départ, les élèves étaient surpris et souriaient. Puis au fur et à mesure, ils ont pris conscience de ce qui se passait. Quand les acteurs sont ressortis, il y a eu 2 minutes de silence. 
Lors des questions, les élèves ont été touchés quand ils ont appris que c’était une histoire vraie. 
Le système de harcèlement a été très bien expliqué et semble avoir été compris par les élèves. 

Retours d’élèves

« Le début de la pièce jouée était drôle, les comédiens arrivés en plein cours de français jouaient la comédie en employant du langage familier auquel on pouvait s’identifier. Ensuite, lorsque des signes de harcèlement sont apparus dans l’histoire, plus personne ne rigolait ou ne parlait, nous étions tous captivés par le jeu des comédiens »

« La pièce était géniale du fait qu’elle était vivante. Les acteurs étaient avec leur public et inter-réagissaient avec nous. C’était émouvant et nous avions l’impression de vivre l’histoire, d’être acteurs nous aussi. »

« alors que nous étions en train de travailler sur la poésie, nous avons été surpris par un groupe de trois personnes. Dans la classe, les élèves ne comprenaient pas ce qui se passait. Deux personnes de ce groupe commencèrent à parler comme des collégiens…au départ l’histoire avait l’air drôle et amusante, mais au fil du temps, on se rend compte que la pièce traite un sujet sérieux et triste, au début on rit, à la fin on compatit. Cette pièce nous a tous attristés, choqués et touchés, on ne s’y attendait absolument pas.»

« Cette pièce nous a fait réfléchir sur le mal que fait le harcèlement sur une personne. Elle nous montre également qu’on doit intervenir lorsque quelqu’un se fait harceler, aller voir un adulte et ne pas donner d’importance à un harceleur.»

« Je me souviens qu’en 6ème et en 5ème, certains élèves s’amusaient à me pousser au bout de ce que je pouvais supporter, mais ils se sont calmés lorsqu’un adulte s’en est mêlé »

« Je suis très touchée par cette intervention. Enfin quelque chose qui frappe, qui marque, depuis le temps que je l’attendais ! Les interventions, en général, ne m’atteignent pas vraiment. Je comprends mais pas plus. Il n’y a pas le « truc ». Voilà une sensibilisation qui sensibilise. Les comédiens jouaient très bien, ça m’a secouée.  L’entrée fracassante m’a fait froid dans le dos ! Débarquer comme ça, sans dire bonjour, faut le faire. Surprenant.»

« J’ai trouvé l’histoire assez dure car elle parle d’une petite fille qui est nouvelle et qui se fait harceler et je pense que personne n’aimerait vivre ça […] on peut se retrouver harceleur sans s’en rendre compte, les témoins/ complices ne disent rien et rentrent dans le ‘jeu’ sans le savoir, cela peut engendrer de graves choses. »

« Ce qui est important c’est qu’il ne faut (pas) se faire embarquer parce que après on peut pas en sortir donc il vaut mieux ne pas rentrer dans la case témoin. »

Affiche réalisée dans le cadre de la lutte contre le harcèlement scolaire